Accueil » Vos questions » Les entretiens du SELL : Serge Tisseron (2/3)

Version imprimable de cet article Version imprimable »
Envoyer à un ami »

Les entretiens du SELL : Serge Tisseron (2/3)

Suite de l’entretien que Serge Tisseron, auteur, avec la collaboration d’Isabelle Gravillon, de Qui a peur des jeux vidéo ? dans la collection "Questions de parents" aux Editions Albin Michel a accordé au SELL.

Pour Serge Tisseron, la pratique vidéoludique des enfants et des adolescents doit être encadrée par les parents comme ils le feraient de n’importe quelle autre activité. Et comme n’importe quelle activité d’un enfant ou d’un adolescent, elle doit susciter l’intérêt des parents. Les jeux vidéo doivent faire l’objet d’un dialogue familial au même titre qu’un film ou qu’une activité sportive.

La violence des jeux vidéo est souvent mise en avant par ses détracteurs qui citent systématiquement des jeux classés 18+ par le système PEGI qui ne sont pas adaptés à un public plus jeune. Si certains jeux contiennent effectivement une part de violence, rien n’indique qu’elle soit plus impressionnante que celle déjà présente sur les autres écrans de télévision ou de cinéma. Elle n’est que le reflet de notre propre monde. Serge Tisseron suggère aux parents d’interroger la façon de jouer de leurs enfants et de découvrir la complexité des jeux vidéo.

Serge Tisseron a tenu à insister sur le terme d’"addiction" auquel il préfère subsituer l’expression "jeu excessif". En effet selon lui, l’addiction ne concerne que les adultes. Les adolescents concernés sont le plus souvent dans des phases de jeu intensif qui ne durent qu’un temps et s’auto-régulent avec la découverte de nouvelles activités.

Serge Tisseron insiste sur la nécessité de passer un contrat avec l’enfant ou l’adolescent, contrat portant sur un "temps d’écran". Il ne faut pas distinguer le jeu vidéo des autres écrans présents dans la maison et définir une durée maximale quotidienne de temps passé à jouer, à regarder la télé ou à surfer sur Internet. Ce temps d’écran est évidemment négociable en fonction de l’implication de l’enfant ou de l’ado dans ses autres activités scolaires ou familiales.